Une enfance… Mon enfance
Récit autobiographique
Quand ma mère dans ses crises de paranoïa criait contre tout le monde, quand ma mère hurlait contre les murs, contre le ciel lui-même, je m’évadais de chez moi et mes routes me conduisaient toujours jusqu’à ces passages caillouteux qui étaient semblables aux troubles qui s’emparaient de mon âme d’enfant.
J’étais perdu. C’était si difficile d’avancer. Heureusement, il y avait la forêt de pins. Ce territoire infini qui permettait mille jeux. La forêt de pins n’est pas touffue. Elle est claire. Bruyères, champignons, mousses, quelques fleurs… La végétation n’y est pas très dense. Parfois un chêne isolé. Je me souviens encore…
La terre est noire et grasse. Une terre qui salit les mains et les pantalons, aux genoux.
Cette terre et ces pins ont accompagné mon enfance. Une partie de mon enfance. Bien sûr j’ai été un enfant turbulent. Je n’étais pas un enfant solitaire, loin de là. J’avais quelques copains, et déjà mes petites amies. Ce n’est qu’avec l’adolescence que j’ai plongé ma tête dans les étoiles et les rêves et que je me suis calmé. Quand la forêt n’a plus été là. Dans d’autres lieux, dans d’autres murs. Quand j’ai découvert d’autres mondes, quand les livres ont envahi ma vie.
Mais dans ma tête souvent il y avait ces chemins difficiles, ces chemins de caillasses qu’il fallait parcourir, comme une épreuve à surmonter pour quitter cette enfance qui fut souvent belle, mais douloureuse aussi.
