Les jumeaux et le monde en guerre 3
À part une petite secousse et l’impression d’être un peu plus lourd, le changement de vitesse se fit sans douleur pour les terriens et leur chat.
— Voilà, dit le vaisseau. Maintenant nous avançons à une vitesse de plusieurs fois supérieure à celle de la lumière. C’est pratique pour voyager dans l’espace. Ainsi il ne nous faudra que quelques heures pour arriver sur Khamsa. À vitesse normale il nous faudrait plusieurs siècles pour atteindre notre destination.
Yanis, qui tenait toujours son stylo à tout faire à la main, demanda, en le montrant au vaisseau :
— S’il n’utilise pas de pile, avec quoi fonctionne-t-il ?
— Chaque année, le premier jour de février, il faut lui donner un caramel mou. Il ne faut surtout pas oublier sinon il boude et refuse de fonctionner jusqu’à ce qu’on lui donne double ration. Je crois qu’il est un peu gourmand. Sans doute un défaut de fabrication. Il puise l’énergie dont il a besoin dans le sucre.
Une machine qui adorait les caramels mous ! Décidément, on trouvait de tout dans l’espace.
Yanis et Siam se regardèrent. Tous deux avaient les joues gonflées et bien rouges et étaient prêts à éclater de rire, mais se retenaient autant qu’ils pouvaient. Après tout ils ne voulaient pas vexer le vaisseau. Avec ces machines extraterrestres mieux valait faire preuve de prudence.
Au bout d’un moment, reprenant son sérieux, et son souffle par la même occasion, le garçon demanda :
— Comment une telle chose est-elle possible ?
— Ce stylo repose, avouons-le, sur une application un peu avant-gardiste.
— Avant-gardiste ? demanda Siam, qui jusqu’ici n’avait jamais entendu ce mot.
— Expérimentale, devrais-je plutôt dire. Oui, sans doute cela convient-il mieux. Donc, disais-je, ce stylo repose sur l’application d’un principe plutôt expérimental conçu par notre grand chercheur, Maxwell Smart. Principe qui s’énonce ainsi : Si c’est possible pourquoi ne pas le faire ? Sachant que la racine carrée du possible est égale à trois fois l’hypoténuse du peut le faire.
— Les maths, c’est trop compliqué, dit Siam. J’y comprends rien et ça me donne des migraines.
— Ben…, remarqua Yanis, moi en général je me débrouille bien, mais les théorèmes martiens c’est du chinois pour moi.
Commentaire que Boss approuva de quelques miaulements. Ce qui n’a rien d’étonnant, car depuis le début des temps, les chats et les maths ça a toujours fait deux.
Il ne leur fallut guère plus de quelques dizaines de minutes pour arriver à proximité de la planète Khamsa. Vue de l’espace c’était une belle planète, divisée en deux zones de surface égale, l’une de couleur rouge, l’autre bleue, séparées par un large fleuve qui en faisait tout le tour, telle une ceinture d’eau. Elle était de la taille de la Terre, si on en jugeait d’après les chiffres qui s’affichaient sur l’écran.
— Moi, dit le vaisseau, je vais rester ici, en orbite. Inutile que nous descendions tous sur cette planète. Vous, vous allez utiliser le super Nautile, une voiture volante et amphibie, qui se trouve dans ma soute. Ne vous inquiétez pas, elle fonctionne en pilotage automatique. Pendant votre séjour sur Khamsa, nous resterons en contact. N’oubliez pas que lorsque vous avez besoin de quelque chose, vous devez appuyer sur le bouton doré.
Un ascenseur conduisit les enfants et leur chat jusqu’au véhicule. Il ressemblait à une voiture futuriste comme on en voyait parfois dans les films de science-fiction, avec deux mini turbos propulseurs sur les côtés.
— Ouah ! Ça, c’est de la voiture ! s’exclama Yanis.
Il s’empressa de monter à bord, à la place du conducteur. Il n’y avait pas de volants. Seulement des boutons clignotants et des écrans de contrôle.
Sa sœur s’installa à côté de lui, avec le chat sur les genoux.
Ils jaillirent du vaisseau sans même se rendre compte qu’ils étaient partis, tellement l’engin était rapide. Et il ne leur fallut qu’une dizaine de minutes pour arriver sur la planète.
