Valérie D, plaies et bosses
Valérie D vit en Suisse et écrit tout plein d’histoires. Ce qu’on sait moins c’est qu’elle est aussi un véritable casse-cou. À côté d’elle, James Bond fait figure de débutant. Mais il y a des fois où la Valérie D elle fout la trouille à ses amis, revenant de missions avec plaies et bosses. Il y a quelques mois, alors qu’elle se remettait d’une de ses nouvelles prouesses, le Markus a écrit une histoire spécialement pour elle. La voici, dans une version légèrement revue.
À force de fréquenter fêtes foraines et parcs d’attractions, Valérie D. avait la tête toute cabossée.
Une fois, en passant au pied de la grande roue, une canette de colacoca atterrit un peu violemment sur le sommet de son crâne. Une autre fois, son cheval de bois, sur le grand manège, s’emballa un peu trop et elle percuta de son front un poteau bien plus solide que sa tête, avouons-le. Une autre fois encore son auto tamponnante bascula en essayant de réaliser un triple saut périlleux arrière et bien sûr, une fois de plus, cela fit boum.
Jamais la Valérie ne restait tranquille. Toujours, elle était attirée par le danger.
Le grand conseil fédéral vota donc un décret pour protéger sa gloire locale, en passe de devenir son grand écrivain national. Ainsi fut-il décidé que Valérie D aurait désormais l’obligation, pour protéger sa jolie tête, de porter du matin au soir un casque rembourré. On ne pouvait pas laisser notre charmante se présenter dans les dédicaces avec des bosses et des bandages inélégants.
Il faut bien reconnaître cependant que le port du casque ce n’était vraiment pas pratique. D’autant plus que notre auteur ne pouvait plus mettre en avant son charme naturel. Sous ce casque, elle ressemblait plus à un gladiateur du futur qu’à la ravissante femme qu’elle avait toujours été.
Pour pallier au problème, le grand conseil fédéral organisa un grand concours pour rendre à sa gloire locale tout l’éclat de sa beauté.
Des créateurs de tous les coins du monde se mirent donc à l’œuvre pour créer un casque élégant qui rendrait à Valérie D toute son irradiante splendeur. Casque à fleurs, casque dissimulé sous les tissus les plus précieux, casque transparent, rien n’y faisait. Valérie D n’était plus elle-même. Tout le monde se désespérait. N’y avait-il donc aucune solution à cet épineux problème ?
C’est alors que le fameux Docteur Leicht, fut appelé à la rescousse.
— Docteur Leicht, vous qui avez réponse à tout, donnez nous une solution. En récompense vous recevrez un bisou de notre gloire locale.
— Rien de plus facile, dit le docte savant. Puisque le casque pose problème, supprimons-le et adaptons l’environnement de cette jeune femme en fonction de la fragilité de sa tête.
— Pourquoi n’y avons-nous pas pensé plus tôt, s’émurent les membres du Grand Conseil Fédéral.
Et dans les semaines qui suivirent, on vit apparaître des canettes et des bouteilles en mousse, des poteaux mous qu’on pouvait heurter, même à grande vitesse, sans se faire le moindre mal. Et des murs si doux que les gens prenaient plaisir à s’y précipiter dessus, tête la première.
C’est ainsi que Valérie D, future gloire nationale, ne fut plus confronté aux heurts et aux bosses et retrouva tout son éclat.
Est-il besoin de préciser que par la même occasion le docteur Leicht reçut son bisou si bien mérité.
