Recette
Il y a des fois, pas si souvent que ça, en fait… Il y a une fois où je me demande ce que je vais écrire. De quoi vais-je bien remplir cette foutue page?
Un œil sur l’étagère du haut. Là où reposent les livres de magie, ces livres interdits aux néophytes, ces vieux grimoires dans lesquels on risque fort de laisser son âme. Son âme d’adulte, son âme d’enfant. Ces vieux livres sont si avides de vie !
La recette est là. Page 333. Ce n’est pas un hasard ce chiffre. Croyez-moi.
Page 333, on ne risque pas de se tromper.
Dans les livres de magie, c’est toujours comme ça.
Puis bien lire l’incantation. À voix haute. Tout en procédant au rituel.
Porter à ébullition une casserole d’eau, puis jeter en pluie une bonne poignée de mots. Attention! Bien sélectionner les mots. Sinon vous risquez de vous retrouver avec la recette de la tarte aux poireaux au lieu du beau poème d’amour que vous avez décidé d’offrir à votre dulcinée. Donc, bien choisir ses mots. Pas besoin de les éplucher. Tout est bon dans les mots. Même ces scories qui les rendent un peu rugueux. Ajouter une pincée de gingembre et touiller longuement. Quand l’eau est presque toute absorbée, verser dans un plat et servir.
Voilà c’est prêt. Il n’y a plus qu’à déguster.
La recette marche à tous les coups. La preuve.
