Une feuille
Ce texte a été écrit en 1995 pour l’exposition CONTAMINATION, consacrée à une rétrospective de mes textes affiches.
Une feuille. Blanche. 80 gr. Elle pourrait être jaune ou bleue. Ou autrement encore. Mais elle est blanche.
542 signes. 87 mots. 22 lignes. 26 de ces signes sont des majuscules. 114 sont des u. 28 sont des .
L’encre est noire. On remarquera une prolifération anormale de u. Comme un cancer en u.
Un des mots est absent du/des dictionnaire(s). Du moins dans la forme usitée ici.
Certaines phrases sont incomplètes.
Une phrase est un ensemble organisé de mots exprimant une ou plusieurs idées. Pour être complète il lui faut au moins un sujet et un verbe.
Certaines phrases sont disloquées.
Des phrases dans lesquelles il y a une succession impossible de catégories syntaxiques sont des phrases disloquées.
L’ensemble constitue un texte. Pas même un poème. Juste un texte. Comme ça.
Et ce texte est posé sur un mur. Comme une affiche.
Photocopié. Agrandi. Et puis…
Mais non, il n’y a rien d’autre à dire. On ne pourra jamais quantifier les brefs moments de bonheur ou de souffrance qui sont derrière ce simple texte.
Ou alors : 542 signes. 87 mots. 22 lignes. 26 de ces signes…
