Le bout du tunnel
La sortie est au bout du tunnel. C’est ce qu’annoncent les affiches collées tous les deux ou trois cent mètres. Mais tout le monde ne parvient pas jusqu’à cette sortie. Rares sont ceux qui doivent apercevoir cette lumière qui porte en elle l’espoir d’une autre vie. Du moins c’est ce que j’imagine. C’est ce que nous imaginons tous, devrais-je dire. Car notre pensée est collective.
Avant le tunnel il n’y avait rien. Un vague cri peut-être. Et c’est tout. Nous naissons de l’obscurité. Et rien d’autre. Un jour nous débarquons dans le tunnel, venus de nulle part et nous nous mettons en marche. Comme tous les autres j’avance. Qui sont-ils mes compagnons de ténèbres ? Qui suis-je dans ma nudité du premier jour, de ma première nuit ? Dans cette éternelle obscurité je ne suis même pas sur de progresser dans la bonne direction. J’avance parce qu’il le faut. Parce que les autres le font. Parfois je sens leur frôlement. Certains vont dans la même direction. D’autres se déplacent à contre sens. Personne ne sait ou il faut aller. Nous avançons.
Après le tunnel, rien non plus. Du moins rien que personne ne puisse raconter. Parfois une lumière semble nous attendre, loin, très loin. Mais je sais qu’il ne s’agit que d’une illusion. Avons-nous un but à atteindre ou sommes nous condamner à errer éternellement ?
La sortie est au bout du tunnel. Cherchez la lumière, vous la trouverez, disent d’autres affiches.
Elles sont là, tous les deux ou trois cents mètres; Parfaitement lisibles au milieu de cette nuit sans fin.
Alors nous continuons d’avancer puisqu’il n’y a rien d’autre à faire. Jusqu’à ce que les ténèbres nous rappellent à eux, pour nous recracher plus tard, comme des nouveaux venus, égarés éternellement dans ce tunnel.
Un de mes exercices d’écriture. Du texte brut écrit sur un temps court : une demi heure.
