Une partie du Journal que j’ai sautée lors de la mise en ligne. Je viens de m’en rendre compte à la suite d’un commentaire de Francis Valéry sur le site.
Pendant l’été je débarque à Bordeaux, à l’invitation de Sylvie Denis et de Nathalie Mège. Dès le deuxième jour nous rendons visite à Francis Valéry, dans sa boutique. Il nous raconte plein d’anecdotes. Je me souviens d’une qui nous amusera bien. Un jour une grosse voiture avec chauffeur s’arrête devant son magasin. Un inconnu, costumé façon émir arabe, entre. Il commence à regarder les comics puis à faire de gros empilements. Au bout d’un moment Francis s’inquiète. « Je peux savoir ce que vous faites ? » « C’est pour emporter chez moi, en Arabie. ». Après les comics l’inconnu s’attaque à la SF. Au bout d’un moment il demande à Francis de faire les comptes. Ça représente une somme assez conséquente. Francis flippe sérieusement. Le client fait un signe à son chauffeur qui s’approche, mallette à la main. Il la dépose sur le comptoir et l’ouvre. Elle est remplie de liasses de billets. L’arabe dépose la somme demandée. Francis vérifie quelques liasses, puis quelques billets. Ils sont bons. Il range l’argent et met l’ensemble des bouquins dans des cartons que le chauffeur s’empresse d’entasser dans le coffre de la voiture. La transaction était on ne peut plus honnête. Francis avoue que l’affaire, fort juteuse, lui a tout de même procuré quelques sueurs froides.
En parcourant les rayons de la librairie je découvre la collection complète des Galaxie Bis en état neuf. ‘Tu fais comment pour les trouver dans un aussi bel état ? » « Rien de plus facile. Ils sont tous disponibles, du premier au dernier, chez le distributeur. Il suffit de les commander. Et c’est comme ça pour plein de titres de chez Opta. Les libraires ne sont même pas au courant. »
Deux ou trois jours après nous retournons à la boutique. Francis nous a invité à manger, chez lui. On part en voiture. Francis conduit. A l’arrière Nathalie Mège et Sylvie Denis parlent du débat Anne Vève/Hervé Mohannic paru dans le n°10 des Lames Vorpales. Débat dans lequel Hervé Mohannic se fait l’avocat du diable. Au bout d’un moment, pas loin d’éclater de rire, j’annonce. « Je vais vous faire une confidence. Hervé Mohannic c’est moi ». Là, silence, puis tout le monde rigole.
Chez lui, Francis nous fait découvrir ses pièces rares en SF et, surtout, sa collection de comics de science-fiction. En particulier des Golden Age que je ne pensais pas voir un jour.
Ces 10 jours de détente me reboostent bien. Bien entendu je rentre à Lyon avec une tonne de bouquins.
A mon retour, Jean-Bernard Oms lance le n°0 de son microzine gratuit : Carnage mondain, tiré sur le copieur de la boutique. Maquette minimaliste et délire assuré et assumé.