La plante garou 5
L’après-midi, on était un mercredi et les enfants n’avaient pas cours, ils allèrent frapper à la porte du professeur Plantfol.
— En quoi puis-je vous aider, les enfants ?
Ils expliquèrent au professeur de sciences tout ce qui leur était arrivé, depuis la découverte de la plante jusqu’à la transformation de Louna.
— Allons les enfants ça n’existe pas une plante garou. Vous avez dû rêver. Vous ne devriez pas regarder ces films étranges qui passent à la télé.
— Mais, on l’a vu dit Leila.
— Venez voir.
Le professeur conduisit les enfants devant son ordinateur. Il tapa « plante garou » dans le moteur de recherche.
— Vous voyez. Cela ne donne rien. Nous trouvons Garou, qui est le nom d’une plante, puis nous passons à loup-garou. Mais rien sur les plantes garous. Ça n’existe pas.
— Est-ce qu’on pourrait utiliser votre ordinateur ? demanda Emarine.
— C’est que j’en ai besoin pour travailler, dit le professeur. Mais… Attendez. Il doit y avoir un ordinateur inutilisé dans le placard, là-bas, au fond du laboratoire. On va l’installer au foyer. Puis je vous établirai une connexion internet si madame la directrice nous en donne l’autorisation.
Les enfants tout heureux emportèrent le matériel dans leur salle de détente. Le professeur les aida à tout installer. La machine fonctionnait. Elle était équipée de Windows 98. Les enfants auraient préféré un système plus moderne, mais bon c’était déjà bien qu’ils obtiennent une machine. La directrice autorisa le professeur à leur installer une connexion internet à condition que soient installés des filtres pour qu’ils n’aillent pas sur n’importe quel genre de sites. Le professeur, derrière ses lunettes et son air naïf qui lui donnaient des allures de professeur Tournesol, semblait très bien s’y connaître. C’est ainsi qu’en milieu d’après-midi la machine était opérationnelle.
Aussitôt Emarine s’installa devant l’ordinateur et lança le navigateur. Ses premières recherches ne donnèrent pas grand-chose. Mandy et Titef lui soufflaient sans arrêt des idées de recherche. Mais personne ne semblait connaître l’existence d’une quelconque plante garou.
À bout d’idée, elle tapa « antidote, garou ».
Elle suivit le premier lien qui se présenta. Elle arriva sur un site qui traitait de médecine parallèle, sans rapport aucun, semblait-il avec le sujet demandé. Cependant, une phrase au bas d’une page attira son attention. En Amérique du Sud, dans certaines régions des Andes, les indiens utilisent une patate locale comme antidote.
— Hé ! s’exclama la fillette, ça ne vous dit rien, ça ?
— Moi ça me fait penser aux patates qu’on a trouvées pas loin de la plante, dit Kenza. Elles sont dans la chambre de Leila, sur une étagère.
— À condition que cette gourmande ne les ait pas mangés, glissa Borki.
— Non, je ne les ai pas mangés, se défendit la fillette. Elles sont toujours dans ma chambre.
Cette fois-ci Emarine eut plus de chance. Elle trouva une légende sud-américaine qui parlait d’une plante qui ressemblait à la leur. Il s’agissait d’une plante diable qui transformait ses victimes en plante. Pour se débarrasser de la malédiction il fallait préparer une purée à partir de tubercules bien précis qui ressemblait à des patates et faire manger cette préparation aux personnes touchées par la plante diable.
— Et pour le ballon ? demanda Borki. Un ballon, ça ne mange pas. Il va donc toujours se transformer en plante garou…
— Je crois qu’on sera obligé de le détruire, dit Titef. Il faudra le faire brûler pour qu’il ne contamine personne.
— Moi, je ne veux pas. C’est mon ballon.
— Tu as vu dans quel état il est. On ne peut plus rien faire pour lui.
— Si on peut le réparer avec une rustine.
— Comment va-t-on préparer la purée ? demanda Mandy. La cuisinière n’acceptera jamais qu’on utilise ses fourneaux.
— On fera ça cette nuit, quand tout le monde dormira, dit Emarine.
— Moi je n’aime pas la purée, dit Louna.
— Ben, tu en mangeras quand même. Tu fais trop peur quand tu te transformes en plante.
