Mes premières années d’écriture. 1975-1976
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Mon zine Les Soleils d’Infernalia poursuit sa route. Entretien avec Michel Jeury et une nouvelle inédite de Vincent Goffart dans le n°7.
Et j’alimente toujours Eurêka, Idées pour tous, Ailleurs, Vitriol…
Certaines revues et fanzines qui accueillent mes textes cessent de paraître (Eurêka, Horizons du Fantastique), d’autres naissent ou continuent leur chemin : Ivoire, Verseau, L’Ecchymose, Cahier des arts…
L’Ecchymose publie mon recueil Courbure sur l’infini (poèmes et nouvelles).
Les rencontres cinéma de Marcigny sont consacrées cette année au nouveau cinéma allemand. J’ai une table pour mes fanzines et je fais la connaissance du cinéaste Gérard Courant qui va devenir un véritable ami.
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1976.
Avec Jean-Claude Sapin (un prof de philo qui se reconvertira plus tard dans le Tai-Chi. On lui doit de nombreux ouvrages sur le sujet) et mon frère nous créons un petit centre culturel : Les Equevillards (2, place des Capucins, Lyon 1er). Nous éditons une revue, L’Equevillard, qui s’arrête au n°3. S’occuper des animations, des spectacles. des ateliers prend tout notre temps.
Je poursuis mes collaborations avec Magnus, Ashram Bitume, Lidwine…
Puis arrive le Festival de Science-Fiction de Metz. L’évènement qui me permet d’entrer de plein pied dans le milieu de la Science-Fiction.
L’amateur de SF d’aujourd’hui ne peut pas imaginer ce que fut le festival de Metz.
Avant il y avait bien eu quelques manifestations :
– En décembre 71, à la Maison de la Culture de Grenoble, Jean-Pierre Andrevon organisait un « Mois de la science-fiction ».
– En 1974 la 1ère convention française, à Clermont-Ferrand, et la convention européenne de Grenoble.
– En 1975, la 2ème convention française, à Angoulême.
Et, donc, en mai 1976, un événement qui se présente à la fois comme 3ème convention française et 1er festival international de science-fiction de Metz.
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Au programme : Theodore Sturgeon (impressionnant, j’ose à peine lui demander une dédicace), Philip José Farmer, Robert Sheckley, John Brunner, Christopher Priest, Harry Harrison, Ian Watson, Pierre Barbet, Gérard Klein, Michel Jeury (avec qui je corresponds déjà, mais c’est la première fois que je le vois), Jan de Fast, Philippe Curval, Philippe Goy, Pierre Pelot, Daniel Walther, Pierre Versins, Claude Cheinisse et Christine Renard (venus en touristes et qui prennent tout de suite un abonnement à mon zine), Marianne Leconte et plein d’autres dont le peintre Yvon Cayrel, Richard D. Nolane, Charles Moreau et Moebius qui passe presque inaperçu… Sans oublier Philippe Hupp qui se dépense sans compter pour s’assurer que tout marche bien. |
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Moebius qui passe presque inaperçu, ça peut paraître curieux. Surtout un an après la création de Métal Hurlant. J’explique :
Comme il se doit je débarque à Metz avec un sac bourré d’exemplaires des Soleils d’Infernalia. Le temps est splendide et il y a des petits barnums disposés le long du trottoir, juste à côté du cinéma qui accueille le programme du festival. Henry-Luc Planchat me dit qu’il y a de la place et que je peux m’installer ou je veux. C’est ainsi que je me retrouve à côté des Humanos. Surprise : je vois Moebius prendre place. Au bout d’un quart d’heure, constatant que personne ne vient le voir, je m’approche, lui présente mon zine et lui demande s’il accepterait de faire un dessin pour la couverture de mon prochain numéro. Il ouvre sa trousse et vingt minute plus tard j’ai mon illustration. Lui, il se lève, me dit « J’ai un train à prendre » et s’en va. ![]()
Arzach, l’album qui révèlera vraiment Moebius, ne sortira en librairie qu’un mois plus tard.
Le jeune auteur que je suis se prend une véritable claque avec ce festival et en même temps c’est une semaine complète d’émerveillement et de rencontres mémorables.

Photos © Markus Leicht










