Les jumeaux et le monde en guerre 1
Une histoire conçue et écrite avec l’aide inestimable d’Ahlem, Amel, Fella, Fériel, Khouloud, Sabrine, Sonia, Clément, Djaoued, Michaël, Samir, Simon et Sofiane, encadrés par Romuald Boissard.
Cette nouvelle de science-fiction a été écrite dans le cadre des ateliers scientifiques qui se sont déroulés dans les bibliothèques jeunesses du 7ème arrondissement (Gerland, en particulier) en collaboration avec l’association des Petits Débrouillards.
Lors d’une série d’ateliers, Romuald Boissard (animateur science) et moi-même avons fait travailler les enfants sur le thème des inventions qui pourraient améliorer la vie, dans le futur.
Les enfants ont imaginé les objets, les deux personnages principaux, ainsi que le chat, et ont travaillé sur le début de l’histoire. A partir de là j’ai développé le récit pour en faire une vraie histoire.
Yanis n’était jamais pressé de rentrer chez lui. C’était un gamin d’une douzaine d’années, toujours plongé dans un autre monde.
Après les cours, sur le chemin du retour, il aimait bien prendre son temps. Tantôt poussant du pied une canette de coca ou de bière, tantôt s’arrêtant devant les vitrines des magasins, surtout celle de la librairie, dans laquelle il regardait longuement les couvertures des nouveaux mangas, et celle du marchand de jouets où il admirait les figurines de plomb, s’imaginant déjà à la tête des armées napoléoniennes.
Mais ce jour-là ne devait pas être un jour comme les autres pour Yanis.
Alors qu’il arrivait devant l’immeuble dans lequel il habitait, le garçon aperçut au beau milieu de la pelouse, un curieux objet brillant, tout en longueur. Il le ramassa. Yanis n’était pas du genre à laisser échapper un trésor, fut-il de peu d’importance.
En la circonstance, il s’agissait d’un stylo, du moins ça y ressemblait beaucoup. Mais pas un stylo d’un modèle ordinaire. Son capuchon était surmonté d’un gros bouton doré couvert de signes bizarres, semblables à des hiéroglyphes.
Fébrile, il se dépêcha de rentrer chez lui pour étudier tout à loisir cette merveille. Il jeta son sac sur son lit et alla aussitôt montrer sa trouvaille à Siam, sa sœur jumelle. Boss, le chat noir, s’empressa lui aussi de venir voir ce trésor.
— Je l’ai trouvé en bas, dans la pelouse, expliqua-t-il.
Tout en disant cela, il appuyait frénétiquement sur le gros bouton. Mais il avait beau insister, cela n’avait pas le moindre effet. Rien ne se déclenchait sous la pression du bouton. Peut-être était-ce pour cette raison que son propriétaire s’en était débarrassé. Ou alors ce gros bouton n’était-il là qu’à titre décoratif. Qui sait ?
Les deux enfants finirent par se désintéresser de l’objet. Ils s’installèrent à la table de la cuisine
pour faire leurs devoirs, tandis que leur mère leur préparait des tartines de confiture à la cerise et du jus d’orange. Ils n’aimaient pas trop les devoirs, mais leur mère vérifiait toujours s’ils les avaient bien terminés. Après quoi ils regardèrent une série à la télé avant de jouer à un jeu sur l’ordinateur familial. C’était presque toujours ainsi que se terminait l’après-midi.
Dès que leur père rentra du travail, ils passèrent à table. C’était le moment où les deux enfants racontaient leur journée ou bien parlaient du livre qu’ils étaient en train de lire ou d’une émission qu’ils avaient vue à la TV.
Parfois, le garçon glissait une main dans une poche de son pantalon, comme pour vérifier que sa trouvaille était toujours là. Il faut dire que cet étrange stylo l’intriguait et il n’arrêtait pas d’y penser. À tel point que sa mère remarqua à un moment qu’il n’avait pas l’air dans son assiette. Il haussa les épaules et se retira dans sa chambre.
Ce soir-là, avant de se coucher Yanis examina de nouveau son trésor sous tous les angles. C’était vraiment un stylo très bizarre. Il ne parvint pas à retirer le capuchon et il avait beau appuyer sur le bouton doré, rien ne se passait.
Il finit par s’endormir, son stylo à la main et la tête remplie de rêves merveilleux. Les nuits de Yanis étaient toujours emplies d’aventures fantastiques et de mondes extraordinaires.
Un peu au-delà de minuit, une lumière bleutée le tira de son sommeil. Il se leva d’un bond et écarta les rideaux. Presque aussitôt, sa sœur et Boss, le chat, le rejoignirent dans sa chambre. Tous trois, émerveillés, observèrent par la fenêtre l’immense vaisseau spatial qui se posait devant leur immeuble. Sans même prendre la peine d’enfiler par-dessus leur pyjama un vêtement, les deux enfants descendirent en courant, le chat sur leurs talons, pour observer l’engin de plus près.
Ils avaient déjà vu des vaisseaux de ce type à la télé mais ils ne pensaient pas qu’ils auraient un jour l’occasion d’en voir un pour de vrai. Il ressemblait à un immense crayon bariolé, avec deux bras qui lui permettaient de prendre appuis sur le sol, lors de l’atterrissage.
Il s’en approchèrent et gravirent la passerelle qui conduisait à l’intérieur.
Dès qu’ils furent entrés, la porte, pareille à un sas, se referma automatiquement derrière eux.
Ils ne ressentaient aucune crainte. Au contraire. Ils étaient pleins de curiosité envers ce vaisseau venu des espaces infinis.
