La machine pour parler avec l’au-delà, de Philip José Farmer

Après Comme une bête et Gare à la bête, voici le troisième rituel de la série des exorcismes de Philip José Farmer : La machine pour parler avec l'au-delà (Ex L'homme qui trahit la vie, chez Titres SF et Presses Pocket).

 
Raymond Western, un chercheur, met au point une machine pour entrer en contact avec les morts, déclenchant une véritable tempête à travers le monde. Mais alors qu'on commence à se poser des questions sur le rôle et l'impact de cette machine, baptisée MEDIUM, sur nos sociétés, tant sur le plan social, que religieux ou même législatif, certains doutent des résultats obtenus. Les morts ne seraient pas nos chers disparus mais des extraterrestres ou des créatures d'une autre dimension qui jouent leur rôle. C'est ce que pense en particulier le professeur Gordon Carfax, qui désire démonter la supercherie.
 
L'affaire se complique lorsque la cousine de celui-ci, Patricia Carfax, se manifeste, affirmant que Western a assassiné le véritable inventeur de MEDIUM. Et voilà notre professeur d'Histoire lancé dans une nouvelle enquête. Car la plupart des lecteurs de Farmer l'auront compris, Gordon Carfax n'est autre que l'ex-détective Harald Childe, personnage central des deux précédents romans du cycle. Ici notre enquêteur s'est assagi et ne doit plus faire face aux turpitudes de vampires, de loups-garous, et de monstres en tous genres. Mais l'affaire dans laquelle il plonge, bien malgré lui, risque fort de mettre le monde entier à feu et à sang.
 
Complots, manipulations, trahisons, tout est bon, aussi bien du côté des Westerniens que des anti, pour arriver à ses fins dans ce futur proche ou les villes tentaculaires aux mains de la mafia sont complètement dévorées par la pollution. 
 
Si La machine pour parler avec l'au-delà débute comme un classique roman de science-fiction, bien vite le Farmer des romans populaires (celui des pastiches de Tarzan, ou des deux précédents exorcismes) reprend le dessus et l'histoire part sur un rythme échevelé dans plein de directions, mettant en scène quelques succulents personnages, tels Mrs Webster, la médium, ou la sensuelle Gloriana Szegeti dont on aurait aimé un rôle plus développé. Mais ici, éditeur oblige, nous sommes dans un univers moins débridé que celui de Comme une bête ou de Gare à la bête. Ce roman fut en effet publié par Ballantine, alors que les deux précédents s'adressaient à une maison spécialisée dans le porno. Cela n'empêche pas l'auteur de nous livrer au final un beau retournement de situation bien dans son style, alors que l'histoire elle-même semble terminée. Un de ces coups de théâtre, presque en dehors de l'histoire, qui permet à l'auteur de nous rappeler qu'il est Philip José Farmer, celui qui permit à la Science-Fiction de sortir thématiquement de son adolescence pour entrer dans l'âge adulte.
 
 
La machine pour parler avec l'au-delà (Traitor to the living – 1973), de Philip José Farmer. Editions Le jardin des Livres. 19,90 €.
 
 

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