Ivoire, de Mike Resnick

Après lecture Ivoire laisse dans la tête un goût de classique de l'âge d'or. Un peu à la manière de Fondation, d'Asimov. A la différence près que le roman de Mike Resnick est une oeuvre tout à fait récente. Comme si la SF avait soudain besoin de faire un retour sur elle-même pour se retrouver après une longue période de recherche et d'expérimentation, et trop souvent, hélas, d'égarements. Dans ce même courrant néo-classique je classerais L'Arbre à Rêves, de James Morrow, ou Baleinier de la Nuit (déjà un peu plus ancien), de Robert Young, pour ne citer que ces deux cas exemplaires.

La ressemblance avec Fondation ne s'arrête d'ailleurs pas là puisque Ivoire se compose d'une succession de nouvelles. Nouvelles d'un intérêt inégal : la seconde moitié de l'ouvrage étant plus originale que la première. Mais Resnick sait captiver ses lecteurs pour que la lecture en soit toujours agréable.

En 6303 de l'Ere Galactique, Duncan Rojas est chargé par Bukoka Mandaka, le dernier des Masaïs, de retrouver les défenses du mythique éléphant du Kilimandjaro. Sans quitter son bureau, Duncan se lance, avec l'aide de son ordinateur, à la chasse au trophée. Une chasse qui va l'emmener très loin à travers le temps et l'espace.

Cela nous vaut une passionnante suite de nouvelles ou se retrouvent tous les genres : space-opera, policier, politique fiction, récit de brousse, humour… Le tout pas toujours dans un cadre SF puisque "Le Chasseur" se déroule en 1885 et "Lui-Même", en 1898 de notre ère. De plus, chaque récit est suivi de la narration de l'enquête elle-même, chargée d'assurer l'homogénéité de l'ensemble.

Le résultat est un voyage chargé d'émotion et de tendresse à travers l'histoire des Masaïs, de l'Afrique de la fin du XIXème siècle jusqu'aux frontières d'un immense empire galactique de rêve.

Seul reproche, que certains jugeront sans importance et qui en fera hurler d'autres, le background, la toile de fond de cet univers, n'est pas très crédible. En effet, comment imaginer une absence d'évolution sociale ou technologique sur une période de 6000 ans ? Ici les seules innovations importantes semblent se limiter, en dehors des voyages dans l'espace, à des ordinateurs à commande vocale dotés de la parole et à une technique assez élaborée des hologrammes. Comme si le développement des voyages spaciaux devait bloquer toute forme d'évolution.

Mais l'histoire est suffisament forte pour faire oublier ces quelques lacunes.

 


Ivoire, de Mike Resnick. Traduction : Luc Carissimo. Présence du Futur/Denoël (2 tomes) ou FolioSF.

Quatrième de couverture : 

l y a encore plus difficile que de retrouver une aiguille dans une botte de foin : retrouver les défenses de Malima Temboz, le grand Eléphant du Kilimandjaro, trophée légendaire dont on a perdu la trace depuis plus de trois mille ans dans le fourmillement des mondes unis.

C'est pourtant le défi que va relever Duncan Rojas, en cette année 6303 de l'Ere Galactique, à la demande d'un certain Bukoba Mandaka, qui se prétend le dernier des Masaïs. Sherlock Holmes d'un nouveau genre, Rojas est l'homme idéal pour retracer l'épopée des fabuleuses défenses, d'une planète, d'un propriétaire ou d'une époque à l'autre. Mais est-il sûr d'être à la hauteur des surprises que lui réservent l'Afrique et ses sortilèges ? Ivoire marie avec bonheur les deux passions de Mike Resnick : l'Afrique (à l'origine du magnifique Kirinyaga) et le space opera flamboyant (dont Santiago est un exemple parfait).

 

 

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